Apprentissage et alternance : et si on changeait de regard ?
“Il n’y a plus d’entreprises qui recrutent.”
“Les jeunes ne veulent plus travailler.”
“Les patrons ne veulent plus former.”
Depuis plusieurs mois, j’entends ces phrases partout. En tant que coach professionnelle spécialisée dans l’accompagnement des jeunes diplômés à Clères et Rouen, je rencontre des jeunes découragés après des dizaines de candidatures sans réponse. De l’autre côté, je vois aussi des employeurs qui hésitent à recruter un apprenti malgré leur envie de transmettre.
Alors, où se situe la vérité ?
Comme souvent… elle est probablement entre les deux.
L’apprentissage : une voie qui a traversé les siècles
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’apprentissage n’est pas une invention récente.
Depuis le Moyen Âge, les jeunes apprenaient un métier auprès d’un maître artisan. Ils observaient, reproduisaient les gestes, s’imprégnaient d’un savoir-faire mais aussi d’un savoir-être. L’apprentissage était avant tout une transmission humaine.
Au fil des siècles, il s’est structuré avec l’apparition des écoles professionnelles, puis de l’alternance entre entreprise et centre de formation.
Aujourd’hui, il ne concerne plus uniquement les métiers manuels. Commerce, informatique, ressources humaines, communication, ingénierie… l’alternance est devenue une véritable passerelle vers l’emploi — et l’un des leviers les plus concrets pour réussir son entrée dans le monde professionnel.
Et pourtant, de nombreux jeunes diplômés ont aujourd’hui le sentiment que trouver une entreprise est devenu plus compliqué qu’avant.
Pourquoi les entreprises recrutent-elles avec davantage de prudence ?
Il est tentant de penser qu’une entreprise ne prend pas d’apprenti parce qu’elle ne souhaite plus transmettre.
La réalité est souvent bien différente.
Former un apprenti représente un véritable investissement. Il faut du temps, de la disponibilité, de la pédagogie, accepter les erreurs et accompagner progressivement une personne qui découvre un métier.
Dans une petite structure, cet investissement peut devenir difficile à absorber.
Je le constate dans ma propre réalité : lorsqu’une seule personne assure déjà la production, l’accueil des clients et la gestion quotidienne d’une entreprise, former un apprenti demande une énergie supplémentaire importante.
Ce n’est pas un manque de volonté. C’est parfois simplement une question d’équilibre économique.
Être apprenti, c’est aussi apprendre les codes du monde professionnel
Pour moi, l’un des plus grands avantages de l’apprentissage ne réside pas uniquement dans l’acquisition de compétences techniques.
Il permet d’apprendre les codes du monde du travail : la ponctualité, la communication, la gestion des priorités, le travail en équipe, l’autonomie.
Ces apprentissages ne s’acquièrent pas dans les livres. Ils se construisent au contact du terrain.
Et parfois… ils se construisent aussi dans les difficultés. Aucun parcours professionnel n’est parfait. Nous rencontrons tous un jour un manager difficile, une erreur, un échec ou une remise en question.
Ces expériences, aussi inconfortables soient-elles, participent à notre construction professionnelle — et c’est précisément ce que j’accompagne dans mon travail de coach dédiée aux jeunes diplômés dans la région de Rouen et Clères.
Le rôle des parents : protéger… sans empêcher de grandir
C’est probablement la partie la plus délicate à aborder.
Les droits des apprentis ont heureusement évolué au fil des années, et c’est une excellente chose. En revanche, j’observe aujourd’hui une autre réalité.
Certains parents souhaitent tellement protéger leur enfant qu’ils prennent parfois sa place : venir déposer un CV sans leur enfant, appeler une entreprise pour demander où en est une candidature, intervenir dès le premier désaccord avec un maître d’apprentissage.
L’intention est toujours bienveillante. Mais le résultat peut être contre-productif.
Un employeur recrute un jeune pour l’accompagner vers l’autonomie. Si les parents interviennent constamment, cela peut envoyer un message involontaire : celui d’un jeune diplômé qui n’est pas encore prêt à faire ses propres démarches.
Le plus beau cadeau que l’on puisse faire à un futur apprenti est peut-être justement de lui faire confiance.
Ce qui fait vraiment la différence aujourd’hui
Au fil des années d’accompagnement professionnel à Clères et Rouen, j’ai vu passer de nombreux profils. Et j’ai remarqué une chose.
Les compétences techniques s’apprennent. Le savoir-être, lui, se remarque très rapidement.
La curiosité, l’envie, la politesse, la capacité à écouter, la motivation, le respect des engagements — toutes ces qualités peuvent faire la différence face à deux candidats ayant le même niveau de formation.
Je me souviens notamment d’un jeune venu se présenter seul. Avant même de commencer son apprentissage, il avait proposé d’effectuer un stage afin que les deux parties puissent apprendre à se connaître.
Ce n’était pas son niveau technique qui avait convaincu. C’était son état d’esprit.
Mes conseils concrets pour trouver une alternance
En tant que coach professionnelle spécialisée dans l’accompagnement des jeunes diplômés, voici ce que je conseille systématiquement :
- Ne vous contentez pas des plateformes de recrutement en ligne
- Développez votre réseau, même si vous pensez ne pas en avoir
- Présentez-vous directement en entreprise lorsque c’est possible
- Préparez votre CV, mais surtout votre présentation orale
- Renseignez-vous sur l’entreprise avant de la contacter
- Soyez honnête sur ce que vous savez… et sur ce que vous souhaitez apprendre
- N’ayez pas peur de relancer avec respect et professionnalisme
Votre personnalité restera toujours plus mémorable qu’un CV envoyé parmi cent autres.
Et si nous changions de regard sur l’apprentissage ?
Je ne pense pas que les jeunes soient moins motivés qu’avant. Je ne pense pas non plus que les employeurs aient perdu l’envie de transmettre.
Je crois surtout que le contexte a changé. Les entreprises composent avec davantage de contraintes. Les jeunes évoluent dans un marché plus concurrentiel. Les parents cherchent naturellement à protéger leurs enfants.
Chacun agit avec de bonnes intentions. L’enjeu est désormais de réussir à faire se rencontrer ces réalités.
Parce qu’au fond, l’apprentissage n’est pas seulement une façon d’apprendre un métier. C’est souvent la première grande étape vers l’autonomie professionnelle — et cette étape mérite d’être accompagnée avec soin.
Vous êtes un jeune diplômé en recherche d’orientation ?
Si vous êtes en Seine-Maritime et que vous cherchez à clarifier votre projet professionnel, à préparer votre entrée dans le monde du travail ou à trouver la bonne voie entre alternance, formation et emploi, je vous propose un entretien découverte gratuit.
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